KOID’9 France 2010

Bruno Cassan
Sept 10, 2010
http://koid9.fanzine.free.fr/
PRINT 75TH ISSUE

Formé en 2005 au Canada, ce groupe qui se présente comme “Art-rock” a enregistré cet album en 2008 mais n’est réellement disponible que depuis quelques mois. C’est précédé d’un bon buzz sur le net qu’il atterrit dans mon lecteur accompagné d’un packging presse où l’on y retrouve de flatteuses descriptions de confrères, l’air de dire : “Tu vois tout le monde trouve ça bien”.

Mais je dois dire que la première écoute ne m’emballa pas, encore un groupe de plus me dis-je…

Et comme il fallait bien que je fasse cette chronique je réécoutais le machin en étant sûr que je n’en dirais pas du bien.

Mais les écoutes successives eurent raison de mon septicisme surtout grâce aux trois premiers morceaux (il y en a 13).

Si le premier est épileptique façon IZZ voire Echolyn, le deuxième fait curieusement grandement penser à “Snow goose” de Camel, quant au troisième c’est du coté de Magenta qu’il trouve écho. Les claviers sont superbes et les guitares très incisives et inspirées sur ces trois pièces.

Le point fort de Half Past Four (le nom du groupe résulte d’un stérile brainstorming afin de trouver leur patronyme quand l’un d’entre eux demanda l’heure qu’il était…) c’est incontestablement la voix de la chanteuse Kyree Vibrant. Tantôt proche de Kate Bush, de Cindy Lauper voire de Caroline Croizat (Ange) (sur ” Johnny”), elle est à l’aise avec de beaucoup de styles de musique ce dont profite le groupe pour évoluer parfois entre le reggae et le jazzy (“southern boogie”), la bossa nova (“Underwater”), un coté pop (5 et 8) voire cabaret comique (10).

Cette voix très aguicheuse parvient à vous emmener sur des territoires à priori inamicaux pour un progueux.

Il y a toujours de l’énergie, de l’humour et de la bonne humeur tels sur les trois derniers dont deux (“salome” et “rabbit”) sonnent très folklore russe, normal deux membres ( Constantin Necrasov et Igor Kurtzman) le sont.

Un progster intégriste ne sera évidemment pas enthousiasmé par cet album, trop peu souvent “prog” tel qu’on l’entend il est vrai et ce malgré l’excellente neuvième plage “Biel” sonnant presque comme du Glasshammer et Magellan, mais ce disque par son coté anti-morosité est agréable et puis Koid’9 c’est rock et progressif n’est-ce pas !